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Heroes of might and magic 4 sur Archangel Castle : Informations, cartes (maps), downloads, patches, ligue, et tout en francais !


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Chapitre 3
Urilon

 

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Alors que Cyrielle se retrouvait saucissonnée par les trois cavaliers, elle n'eut que le temps d'entendre ces quelques mots: "Hahaha… La Reine..." avant de sentir qu'on la hissait sur un cheval et que ce dernier partait au galop.
Pendant tout ce temps, un homme, un étranger probablement, était dissimulé dans l'ombre des fourrés. De là, il assista à toute la scène et pourtant il ne fit rien pour aider Cyrielle. La connaissait-il? Dans quel camp se trouvait-il? A t-il pu entendre la conversation des cavaliers malgré le vent qui se mêlait aux feuilles des arbustes?
Personne ne pourrait le dire mais ce qui était sûr c'est qu'il partit à vive allure sur une magnifique monture. Tout ce qu'on pouvait distinguer, c'était une cape d'un vert éclatant, un visage dissimulé dans un capuchon de la même couleur et un destrier d'un noir intense et pourtant ayant une marque d'un blanc remarquable sur la tête. Il ne se lança pas à la poursuite des cavaliers, comme on pourrait le croire, mais se dirigea dans la direction du nord-est.

Les ravisseurs de la jeune fille voyagèrent avec un train soutenu. Les conversations qu'elle avait pu surprendre indiquaient qu'elle n'était pas une grande prise, et que ces mercenaires auraient préféré attrapper Angus ou Friss. Mais elle compris aussi que si elle avait été assez bien traitée jusqu'ici, c'était qu'ils la considéraient un peu comme un otage.
Au bout de deux, trois jours, ils furent en vue du rivage. Cyrielle, toujours ligotée, se retrouva au fond de ce qui lui semblait être une embarcation. Elle percevait dans la courbure de son dos les remous et le clapotis des vagues contre la coque. Le bateau devait être un de ces petits esquifs qui servaient à traverser les lacs ou les grands cours d'eau, qui entouraient souvent les grandes villes et demeures. Elle les connaissait par les récits entendus à la taverne du Rat boiteux. Ces navires étaient fabriqués entièrement à la main par de petits artisans dont le savoir faire passait de pères en fils. Ils se composaient de la coque à fond plat propre à la navigation en eaux douces et d'un mat, ne mesuraient pas plus d'une dizaine de mètres et ne pouvaient contenir que cinq ou six personnes.
Les montures ayant été laissées à quai, il était probable qu'ils arrivaient à destination. Les trois cavaliers s'étaient placés à l'avant de l'embarcation et tournaient le dos à Cyrielle de façon à ce qu'elle n'entende pas leur conversation. Tout ce qu'elle put distinguer furent des mots comme "reine", "otage", "rançon" ou encore "vengeance" mais aussi des cris par moment qui trahissaient l'instabilité de leur relation. Ils s'aperçurent que la petite ne faisait plus aucun bruit et décidèrent de se taire pour éviter toute fuite d'informations jusqu'à ce qu'ils soient arrivés. La suite du voyage se passa donc dans le silence le plus total. Seul le bruit des vagues secouant le bateau et les cris de quelques oiseaux se faisaient entendre.
Alors que deux des ravisseurs s'étaient assoupis afin de reprendre quelques forces, le troisième s'approcha doucement de Cyrielle. La jeune fille redressa la tête et croisa le regard de l'homme. Celui-ci était jeune, à peine plus âgé qu'elle, et avait un fin visage avenant encadré par une cascade de cheveux sombres. Ses yeux avaient une expression espiègle. Dans un murmure, il lui glissa quelques mots :

"Bonjour fillette. Pas trop mal installée?
- Mmmmm!
- Non, je n'ôterai pas ton bâillon. Ça serait trop risqué pour toi…. et pour moi. Alors? Je me demande bien ce que tu as fait pour t'attirer de tels ennuis…"

L'individu semblait perdu dans la contemplation du visage de Cyrielle. Mal à l'aise, elle tenta de se déplacer pour éviter son regard inquisiteur. Dans son mouvement, elle aperçut une curieuse sacoche accrochée à la taille du jeune homme. Quelque chose semblait gigoter à l'intérieur. Soudain la tête ronde d'un chat apparut. L'animal planta ses yeux en amande dans ceux de l'infortunée. Elle eut un choc. L'expression du félin était si étrange… si humaine! La main de l'homme vint machinalement caresser la tête du chat qui ronronna de plaisir.

"Alors, Nesmis, que penses tu de notre compagne? Oh oui, j'avais bien remarqué qu'elle était charmante. Et à ton avis, que devons nous faire? Mais non, on ne va pas la manger. Ça serait dommage, non? L'aider? Pourquoi pas? Mais on risque de s'attirer de gros ennuis, tu le sais? Hein? Hahahaha! Oui, t'as raison, c'est ça qui est amusant... "

Le fantasque personnage se détourna, non sans avoir lancé un dernier regard plein de malice et de joie de vivre à Cyrielle. Il reprit les gouvernes de l'embarcation comme si rien ne s'était passé.

Au bout d'un voyage que Cyrielle jugea beaucoup trop long dans son inconfortable posture, l'embarcation atteignit un ponton tout proche d'une grande demeure. Un des hommes sortit un petit cor et en sonna. Quelques minutes plus tard des hommes descendirent à grand pas de la bâtisse. Le premier n'était pas inconnu de Cyrielle, elle l'avait vu de bien près à l'auberge de Kerak.

"Voyons voir... la jouvencelle! Pas le bâtard de la Reine ni son vieil amant! Même pas capables de rattraper un nain blessé! Soit. Les autres n'ont pas fait mieux. Nous devrons nous contenter de cette petite prise. Au moins vaudra-t-elle un peu d'or au marché d'Urilon. Olfiz!
Oui, seigneur? répondit maintenant l'homme au chat.
- Va la vendre et ne me vole pas! Les deux autres, j'ai un courrier à vous confier..."

Olfiz fit sortir Cyrielle du petit bateau et sortit avec elle de la propriété par une petite porte de fer forgé.

"Quel âne ce Theores! Il ne voit en toi qu'une marchandise! Héhéhé!
- Hummmm!!!
- Ben, je ne peux rien faire pour toi pour l'instant. J'essaierai de donner au marchant l'idée que tu vaux plus cher qu'un tas de viande...
- HHUUMM!!!" Cyrielle ouvrait de grands yeux, n'osant imaginer tous les sous-entendus.
"Je garderai un œil sur toi autant que je le pourrai, mais pour l'instant je ne peux vraiment rien... Si tu me promets de ne pas hurler, je te débâillonne." Cyrielle acquiesça de la tête. "Dis-moi ce que tu sais faire...
- Ce que je sais faire...?
- Oui. Si tu ne veux pas finir au bordel t'as intérêt de savoir au moins lire et écrire...
- Ha! Heu... oui. Je sais lire, écrire, compter. Je connais l'astronomie. Je sais jouer de la flûte et danser...
- L'astronomie? Bien, parfait! Alors je vais essayer de te vendre comme astrologue...
- Mais je ne suis pas astrologue!
- Peu importe! Il suffit qu'il le croie et tu partiras directement à Sangji ou dans une autre Cour. Tu ne risques rien avec Dainfus, le vendeur, il n'aime que les jeunes hommes. C'est pour ca que je l'ai choisi... Je n'ai aucune envie qu'il te fasse passer l'envie d'aimer les hommes avant qu'on ait le plaisir de se revoir..."

Cyrielle se demandait encore comment prendre cette dernière affirmation lorsqu'ils pénétrèrent dans l'arrière boutique du commerçant. Dainfus vendait humains et animaux avec le même professionnalisme. Il avait des clients dans tous les royaumes même si l'esclavage était interdit dans nombre d'entre eux. Il sembla fort intéressé lorsque Olfiz énuméra les talents de Cyrielle mais ne manqua pas de marchander, exposant la difficulté de trouver un client intéressé et suffisamment solvable pour ce genre de marchandise fine. Il fixa autour du cou une chaîne en or avec un pendentif en forme de barque. Voyant la surprise de Cyrielle, Dainfus déclara :

"Ce médaillon est symbolique. Il est là pour te rappeler ton état. Ton prochain propriétaire te fera prêter serment sur celui-ci et tu ne pourras pas t'en dédire sans vivre l'enfer des cauchemars éternels. Certains ressentent aussi alors des maux de têtes permanents, beaucoup deviennent fous. Le serment peut être rompu si un nouveau propriétaire te rachète ou si ton propriétaire t'affranchit..."

Olfiz avait de la peine à cacher sa gêne. Il était très bravache mais ce n'était qu'une façade. Cyrielle comprit alors qu'il ne pouvait vraiment rien de plus pour elle. Sinon il l'aurait fait. Quand il partit, elle se sentit soudain abandonnée. Mais Dainfus ne la traita pas méchamment. Il la conduisit dans une pièce où les femmes se baignaient et la confia à une employée. Avant de partir il précisa :

"Tu partiras dès demain pour la Capitale. Si tu es brillante, tu intéresseras peut-être ma meilleure cliente. Elle est puissante et tu ne subiras aucun mauvais traitement si tu arrives à la convaincre de tes qualités. Pense qu'il n'est pas de sort plus enviable pour une esclave que d'être proposée à Dame Sanguine."

Un rapide examen des lieux permit à Cyrielle de se rendre compte qu'il n'y avait pas d'issue. La porte était verrouillée et les rares fenêtres, en hauteur, striées de lourds barreaux. Elle chercha d'abord à en savoir plus sur sa situation en parlant aux autres filles. Mais beaucoup ne parlaient pas le même dialecte qu'elle, et les autres se montrèrent peu loquaces.
Résignée, Cyrielle s'assit dans un coin et se prit la tête entre les mains. Quelle imbécile je fais! A peine sortie de l'existence ronronnante de Kerak, et me voilà déjà prisonnière, traitée comme une marchandise...
Elle se révolta contre cette idée. Dans l'obscurité naissante, sa main chercha la chaîne en or autour de son cou. Sa première pensée fut d'arracher et de jeter au loin cet emblème de son esclavage. Mais au dernier moment elle se souvint des paroles de Dainfus : C'est un médaillon symbolique. Il est là pour te rappeler ton état? Et bien, soit! Puisqu'elle avait été assez idiote pour en arriver là, elle jouerait le jeu, au moins pour un moment. Elle serait esclave. De plus, même si elle ignorait totalement ce qu'il était advenu de Louzin, Angus et Friss, elle espérait qu'ils avaient échappé à la poursuite des cavaliers et qu'ils arriveraient à s'introduire au Palais Royal. De plus elle se souvenait de l'éclair de haine qui avait traversé les yeux de son professeur lorsqu'Angus lui avait parlé de Sanguine... Approcher cette sorcière ne serait peut-être pas inutile... Cela la rapprocherait au moins de la capitale, et ainsi des autres... Aussi elle se réconforta en pensant que, bientôt, elle pourrait les aider. Mais pour cela il lui fallait gagner les faveurs de Sanguine, faire bonne impression dès le premier instant et, le plus dur sans doute, lui cacher ses pensées secrètes...
Pour se changer les idées, Cyrielle releva la tête et essaya d'observer le ciel. Elle ne put en voir qu'un petit carré d'un bleu sombre, et les étoiles étaient masquées par un plafond de nuages bas... ainsi, même les astres ne pouvaient lui être d'aucun secours... Pour couronner le tout, la pluie se remit à tomber. Son bruit devient un refrain doux aux oreilles de Cyrielle qui ne mit pas longtemps à avoir raison de ses dernières forces.
Un son strident réveilla la belle esclave de son sommeil sans rêves. Elle se redressa et regarda autour d'elle afin d'apprendre d'où venait le bruit et s'aperçut très vite que s'était une femme qui criait dans la cour, ce qui ne manqua pas de lui rappeler sa condition d'esclave. Alors qu'elle se demandait ce qui allait bien pouvoir lui arriver aujourd'hui, le bruit d'une clef dans la serrure se fit entendre et la grande porte en bois qui fermait le quartier des femmes s'ouvrit sur un visage impassible. L'homme informa Cyrielle que c'était son tour de partir pour rencontrer sa nouvelle maîtresse. Il lui annonça aussi qu'elle ne serait pas la seule mais qu'une autre femme serait aussi du voyage.
Alors que Dainfus donnait ses dernières recommandations à Cyrielle afin qu'elle puisse se faire accepter du mieux qu'elle le pouvait, une jeune femme monta dans la caravane réservée aux détenues. C'était une femme très belle, brune, les cheveux arrivant au niveau des fesses, des formes à faire tomber tous les hommes à ses pieds et à rendre toutes les femmes jalouses. Dainfus, la voyant arriver, expliqua à Cyrielle qu'auparavant elle était une princesse d'un pays des lointaines steppes de Raghnie où les guerres tribales étaient inscessantes. Son armée avait du être vaincue. Elle fut enlevée et vendue à prix coûtant à un très riche marchand. Depuis ce jour elle ne fait que passer de main en main.
Il était temps pour la caravane de partir et Cyrielle voyant son ancienne prison s'éloigner, se demanda ce qui allait pouvoir se passer à présent. Involontairement elle s'abandonna à ses pensées. Que pouvaient devenir son beau ravisseur et son étrange chat?

La première escale se fit dans l'un des entrepôts que Dainfus avait tout le long des voies commerciales. Il était maniaque avec la qualité des marchandises, ce qui lui valait une réputation qui traversait de nombreux royaumes. Ainsi Cyrielle constata que sa cellule était peu meublée mais propre. Le trajet de la journée avait été long et elle s'allongea juste après avoir avalé son dîner. Elle avait à peine fermé les yeux qu'elle se mit à penser à Olfiz et à son chat. Nesmis... Nesmis... L'image lui paru curieusement nette, mais ces yeux étaient ceux d'Olfiz.
Ca va?
La surprise lui fit ouvrir les yeux. Que se passait-il? Les livres et les récits de Louzin étaient peuplés d'animaux doués de facultés particulières. Ce chat pouvait-il être le médium télépathe de son maître?
Elle essaya de renouer le contact mais rien ne venait. Lorsqu'elle commença à renoncer, l'image du chat revint. Il lui fallait simplement se détendre...
- Ça va ?
- Oui.
- Sais-tu où ils t'emmènent ?
- Oui, à la Capitale Sangji, chez Dame Sanguine. Ils emmènent aussi une princesse.
Elle essaya de former dans son esprit l'image que sa mémoire avait gardée de la jeune femme.
- Sais-tu qui c'est?
- Non. Tout le monde l'appelle "Princesse".
- J'essaierai de me renseigner avant de repartir. Je ne peux pas suivre la caravane plus longtemps sans que Theores ne se rende compte de mon absence. Mais je vais informer qui il faut à Sangji. Prends garde à toi, ma belle. On se reverra.
- Merci Olfiz.
- Mon nom est Estellon.
- Merci Estellon.

L'image perdit en un instant son intensité mais Cyrielle préserva le sourire du chat en elle comme son seul soutien dans cette cellule vide.

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